Aux chrétiens catholiques et aux autres personnes de l’Oise,

Récemment, je vous ai fait part de mon inquiétude face à la gravité de la situation que suscite et que va engendrer le vote de la loi de bioéthique actuellement débattue à l’Assemblée Nationale.

Je vous disais : « Que chacun se réveille, s’informe, discerne, et agisse selon ses convictions et ses disponibilités. » Aujourd’hui, je renouvelle mon invitation pressante, et, bien que ne pouvant pas moi-même y assister, j’encourage à participer à la manifestation du 6 octobre, à Paris.

Face aux manipulations et autres formes « d’enfumage », elle sera une occasion majeure pour manifester la désapprobation devant une loi qui bouleversera gravement la vision de l’homme et la vie sociale, quand bien même ses effets ne se feront que progressivement sentir.

 

+ Jacques Benoit-Gonnin,
évêque de Beauvais, Noyon et Senlis

 

Le projet de loi relatif à la bioéthique arrive à l’Assemblée nationale pour y être débattu. Beaucoup se sont exprimés, y compris récemment l’Académie Nationale de médecine, pour émettre de vives réserves. Pour leur part, les évêques de France se sont prononcés, en diverses circonstances et de diverses manières, pour faire part de leur inquiétude, face à ce projet de loi. Je renvoie les chrétiens à la lecture et à la réflexion personnelle et collective sur les sujets atteints par ce projet de loi et leurs enjeux.

Je redis, ici, mon inquiétude sur des questions d’une extrême gravité, puisqu’elles touchent à l’être humain, sa dignité, la filiation d’un être humain et ses fondements, les liens sociaux qu’il établit depuis sa conception, les rapports entre procréation et sexualité, l’élimination à priori (et pour longtemps sinon toujours) du père, les risques de marchandisation autour de la conception d’êtres humains …

L’heure est donc grave, et appelle les chrétiens du diocèse, solidaires de tous leurs concitoyennes et concitoyens, à s’intéresser encore à ces questions et à exprimer leur point de vue, notamment auprès de leurs élus (Députés et Sénateurs).

C’est trop rapidement et par abus que certains dirigeants énoncent que « la société est prête » ; que « ce qui se fait ailleurs doit pouvoir se faire ici » ; que des études -des plus floues et suspectes, au regard des règles de fiabilité qui régissent les enquêtes-, appellent et justifient des mutations qui sont de vrais bouleversements anthropologiques.

La souffrance de ne pas avoir d’enfant pose de vraies questions ; le projet de loi va-t-il apporter de bonnes réponses, pour les souffrants d’aujourd’hui et les enfants qui en naîtront ?

Que chacun se réveille, s’informe, discerne, et agisse selon ses convictions et ses disponibilités.

Enfin, pour les chrétiens, la prière demeure toujours d’actualité. Quels que soient l’évolution des débats et leurs résultats, les chrétiens seront convoqués à demeurer proches de tout être humain, et notamment des plus fragiles et des souffrants.

J’assure tous les Isariens, et spécialement les chrétiens, de ma proximité et de ma prière. Alors que les débats auront lieu, je serai sur ces Terres sur lesquelles le Seigneur Jésus Christ a vécu. Qu’il nous aide à chercher, trouver et servir la dignité de celles et ceux qu’il est venu rencontrer en assumant une humanité semblable à la leur.

+ Jacques Benoit-Gonnin,
évêque de Beauvais, Noyon et Senlis