Jour de joie ! Jour de fête !

 

L’abbé Pascal Monnier et le père Matthieu Wallut nous invitent à fêter leurs 25 ans d’ordination

le samedi 29 juin, messe à 18h30

à l’église Saint-Paul-des-Sablons

suivi d’un verre de l’amitié et d’un repas partagé.

 

Messe anticipée unique pour toute la Paroisse de Compiègne,

les messes du dimanche sont maintenues aux horaires habituels.

pour participer au cadeau du père Monnier

Pour participer au cadeau du père Matthieu Wallut : www.lepotcommun.fr/pot/1tvut7tz

 

Sinon, en déposant l’enveloppe à l’accueil du presbytère Saint-Paul ou du Foyer Jeanne-d’Arc

en précisant : « pot commun jubilé du père… »

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Homélie du père Pascal pour la messe du Jubilé, 29 juin 2019. Compiégne, église St Paul :

Après toute cette période de fête, nous reprenons l’Evangile de Luc à un passage décisif. C’est le moment, nous dit l’évangéliste, où Jésus achève son passage parmi les hommes. Il prend alors, « le visage déterminé », la route de Jérusalem. La référence au serviteur du prophète Isaïe est ici évidente. « J’ai rendu mon visage dur comme pierre je sais que je ne serai pas confondu. » Le Christ a placé sa confiance en son Père. Il avance. Rien ne peut le détourner. Il est venu pour cela.

Aussi Jacques et Jean l’apprennent à leurs dépends. Cette avancée de Jésus est d’un autre ordre. Le Roi qui s’avance derrière les messagers, ne fera plus tomber, comme le prophète Elie, le feu du ciel qui détruit. Celui qui s’avance apporte la vraie délivrance… Cette détermination de Jésus provoque comme un élan… Ca bouge, il y a comme une effervescence qui se crée.

Les trois brèves rencontres qui suivent permettent de donner tout son sens à l’action de grâce qui nous rassemble aujourd’hui.

La première, d’une certaine manière plante le décor, si je puis m’exprimer ainsi. Cet homme est plein d’enthousiasme, de vigueur. Peut être même, disons-le, une certaine inconscience… « Je te suivrai partout où tu iras ! » Rien que ça. Bon nombre d’entre nous se remémorent alors la fougue qui fut la notre dès les premières semaines du séminaire qui eut vite fait de nous calmer… non pas en entamant notre vivacité, quoi que… mais simplement en nous permettant d’une certaine manière de méditer cette réponse de Jésus : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »

Bien sûr, chaque paroisse nous a offert le gite et nous avons de quoi nous procurer un lit… mais nous comprenons ici que l’appel du Seigneur ne s’est jamais joué d’illusion. Rendre grâce aujourd’hui pour notre ministère, c’est bénir le Seigneur de nous avoir associé à sa détermination et de nous avoir d’emblée proposé cette disponibilité de cœur. Certes, elle est difficile à tenir mais elle reste toujours la source d’une vraie liberté. Le prêtre est pour tous mais il n’appartient à personne. Il est signe pour tous de l’appel du Christ à pouvoir tout quitter quand viendra l’heure.

La seconde rencontre revêt un caractère plus particulier encore. Ici, c’est le Christ qui appelle. C’est la seule fois sur les trois. Jésus prend l’initiative. « Suis-moi ». Comment ne pas se laisser à chaque fois saisir par le caractère concis, précis, sans équivoque de cette injonction : « Suis-moi ! » Le gars est plutôt d’accord. Il y a toujours cet élan suscité par la route de Jésus. Il y met cependant un bémol fort légitime. La loi justement l’exigeait. Il y a nécessité d’enterrer ses défunts, surtout ses parents !

Justement, voilà aussi qui éclaire notre vocation spécifique. Jésus révèle à cet homme que l’annonce du royaume passe avant ce devoir, si sacré soit-il. J’ai pu célébrer les obsèques de mes parents… Pour autant, rendre grâce pour l’appel du Seigneur prend une dimension terrible que connaissent ceux qui sont ainsi appelés à tout quitter. Il s’agit bien de tout quitter. Ma maman l’avait compris avant moi lorsqu’au moment de mon ordination, elle me partageait son sentiment de me perdre un peu plus que ses autres enfants… même si elle n’avait pas à me partager avec une belle-mère !

La mission passe avant nous, avant bien des devoirs d’homme. La promesse du Christ prend ici tout son sens : « celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle. » Pour combien de choix de ce type, fait par préférence du Christ, nous voulons rendre grâce avec vous ce soir. Et, pour combien de refus, d’infidélités je demande aussi pardon.

Enfin, la dernière rencontre. Là encore, un homme vient de lui-même. « Je te suivrai mais… » Là encore, la condition qu’il pose semble audible. Faire ses adieux avant de partir. Ce n’est pas incongru. Pourtant, une nouvelle fois Jésus rappelle que la mise en route ne souffre aucun retard.

Regarder en arrière n’est pas compatible avec le royaume de Dieu. Rendre grâce pour le ministère, rendre grâce, ce n’est pas regarder en arrière. Ce n’est pas se dire, mes anciens paroissiens étaient plus gentils, ou moins c’est selon ! Non, rendre grâce ce n’est pas pour nous, ni pour aucun chrétien, ce n’est pas regarder en arrière !

La soutane ou le col romain, le goût du latin et de l’encens, la beauté des ornements et de la liturgie déployée : ce n’est pas regarder en arrière. Regarder en arrière, c’est plutôt manquer de cette espérance que le plus beau reste à venir, sans cesse. Avec le Christ, mettre la main à la charrue, c’est recevoir la certitude que le royaume qui est semé ne pourra que lever.

Enfin, puis-je vous relever une ultime joie du pasteur que nous partage l’apôtre Paul dans ce passage aux Galates. Paul conseille aux frères dont il a la charge de savoir user de leur liberté. Cette liberté dans laquelle Jésus nous a rétabli en s’offrant lui-même par amour librement. Réentendons-le :

« Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres. »

La joie de l’apôtre est celle de l’unité. Elle est la même joie que celle des parents quand ils se réjouissent de la communion de leurs enfants. Cette joie, ne tardez jamais à la permettre ! « Je vous le dis : marchez sous la conduite de l’Esprit Saint… »

Amen

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